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Dacapo - The National Music Anthology of Denmark

Format:  SACD

Catalogue Number:  6.220641-42

Barcode:  747313164165

Release Date:  Jun 2015

Period:  Early 20th Century

Review


Maskarade - Diapason d'Or

06 October 2015  Diapason d'Or - Octobre 2015
Jean-Charles Hoffée
5/5 Stars

Au novel an de 1905, Nielsen change de muse: adieu tragédie biblique (Saul og David), adieu symphonie moderniste (Les Quatre Tempéraments), il se plonge dans le livret que Wilhelm Andersen lui avait troussé d’après la comédie de Ludwig Holberg La Mascarade, une des dernières pièces de celui que les Danois regardent comme leur Molière, par ailleurs strict contemporain de Marivaux.

Nielsen auteur comique? Avec brio, mais pas seulement. Sa Maskarade est élaborée dans le context d’une importante production mélodique où le compositeur herborise les chants populaires de Jutland qui nourriront sa comédie. Modèle avoué, le Falstaff de Verdi que Copenhague avait découvert en 1895, ton XVIIIe jusque dans le décor sonore, plein de baroqueries, argument classique affrontant jeunesse dévergondée et vieillesse hypocrite, et un troisième acte de pure bravoure où, à l’issue d’un bal de carnival, les masques tomberont sans que la comédie en pâtisse.

Nielsen s’est régalé, écrivant un ouvrage virtuose où les mots piquent et la musique se moque. Du brio, de l’allant, du mordant. Sa vis comica y égale celle que Richard Strauss déplira trente ans plus tard dans sa Schweigsame Frau. Les Danois adoptèrent immédiatement cette Maskarade au point d’en faire leur opera national. Seul obstacle à un destin européen, la langue. Mais la disque a propagé l’oeuvre au-delà des frontières et aligné trois versions toutes produites par des équipes danoises, Launy Grondahl entraînant une troupe pleine de caractère pour la Radio nationale en 1954 (Danacord), John Frandsen en délivrant en 1977 une lecture trèpidante rodée en scène (Unicorn), don’t Ulf Schirmer, malgré une affiche prestigieuse (Haugland, Skovhus, Bonde-Hansen) ne retrouva pas l’électricité pour les micros de Decca en 1996. Finalement la baguette alerte et subtile de Michael Schønwandt, aussi à l’aise dans le ton XVIIIe que dans la veine populair, égale la reussite de Frandsen. Il bénéficie de personnalités saillantes, comme le Jeronimus de Stephen Milling, ou Niels Jørgen Riis qui donne à Leander une élégance ironique bien vue. Les dés sont jetés, l’affaire est entendue.

Et maintemant si Schønwandt songeait à Saul og David, grand absent de lánnée Nielsen?

 

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Enregistré au Koncerthuset de la Radio danoise à Copenhague, en août 2014, par Jan Oldrup. Bel équilibre entre solistes, choeur et orchestre. Prise de son précise d’où émergent des voix très présentes devant un orchestre qui l’est tout autant. Un léger manqué de profondeur?





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