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Dacapo - The National Music Anthology of Denmark

Format:  CD

Catalogue Number:  8.226147

Barcode:  636943614723

Release Date:  Apr 2013

Period:  

Review


Knudåge Riisager: The Symphonic Edition Vol. 2

16 September 2013  Concertonet.com
Simon Corley

Que sait-on du Danemark? Bien peu de choses: serait-ce que l’immense figure de Carl Nielsen aurait fait de l’ombre à ceux qui l’ont suivi et même à ceux qui l’ont précédé? L’explication serait commode, mais elle ne tient pas, vu le traitement réservé à sa propre musique sous nos latitudes. Heureusement, l’actualité discographique permet de compenser ces lacunes et de satisfaire la curiosité, du moins pour ceux qui considèrent que la relation entre «grand musicien» et «petit pays» n’est pas ipso facto exclue.

Comme Ives, Knudåge Riisager (1897-1974), se partagea longtemps entre son art et sa carrière dans la fonction publique, à laquelle il mit fin en 1950, après en avoir passé les onze dernières années comme chef de service au ministère des finances. Cela ne l’empêcha pas de présider l’Association des compositeurs danois (1937-1962) puis de diriger l’Académie royale de musique (1956-1967) et d’être par ailleurs un écrivain prolifique. Il s’est imposé par certains de ses treize ballets, dont Dacapo a précédemment publié des Suites, mais l’éditeur danois s’est engagé voici deux ans dans une «édition symphonique» qui lui est consacrée. Le deuxième volume est confié, comme le premier, à l’Orchestre symphonique d’Aarhus dirigé par Bo Holten: comprenant exclusivement des premières discographiques, Bo Holten brosse le portrait d’une personnalité musicale d’une grande diversité, résultant sans doute notamment d’une formation cosmopolite, d’abord dans son pays d’origine, puis à Paris – avec Roussel, au même moment que Martinů, et Le Flem – et à Leipzig. Considéré à ses débuts comme l’enfant terrible de la musique danoise, il fut l’un des fondateurs de la Société des jeunes compositeurs, qu’il présida de 1922 à 1924, et s’inscrivait alors pleinement dans les courants modernistes européens. Rien de surprenant à ce que Pacific 231 trouve un jumeau, dans sa durée comme dans son projet, dans l’étonnant T-DOXC (poème mécanique) (1926), en l’honneur d’un tout nouveau modèle d’avion japonais: cela dit, davantage qu’à Honegger, on pense souvent à Nielsen et parfois même au futurisme – ici bien moins radical – d’un Antheil (Ballet mécanique) ou d’un Varèse.

Mais, à l’image d’un Walton ou d’un Hindemith, Riisager rentre rapidement dans le rang, ce que laisse déjà apparaître la brève (un quart d’heure) Deuxième Symphonie (1927): d’un seul tenant, peut-être sous l’influence de la Septième de Sibelius, dont l’influence est perceptible dans les premières minutes, elle évoque ensuite davantage Hindemith, avec ses chorals solennels et triomphants. Nouveau changement de style avec le Concerto pour orchestre (1931), six ans seulement après l’invention du genre par Hindemith, qu’on entend parfois ici aussi au détour de ces quatre brefs mouvements (17 minutes) d’esprit néoclassique. L’Ouverture Primavera (1934) tient les promesses ensoleillées de son titre, mais la Troisième Symphonie (1935) – de facto, car elle n’est pas numérotée et simplement intitulée «Sinfonia»... cinq ans avant un article intitulé «La symphonie est morte - vive la musique!» – prend encore une autre direction, plus nettement tributaire du Nielsen des Cinquième et Sixième Symphonies, adoptant une forme originale et un ton conflictuel que traduit l’intitulé (Feroce, Violente e fantastico, Tumultuoso) de ses trois mouvements.





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