Knudåge Riisager: Benzin
12 September 2011
Classics Today France
Christophe Huss
Disque sympathique, dans une mise en espace SACD
minimale. On connaît le Danois Riisager, compositeur né en Estonie et
formé par Roussel à Paris, à travers Schlaraffenland, son opus 33 qui
avait été interprété en concert à Copenhague par Neumann (CD Inta'glio)
et enregistré ensuite dans de meilleurs conditions par Dausgaard pour
Dacapo.
Riisager (1897-1974) est un
néoclassique typique, ce dont atteste Benzin (Pétrole), un ballet de
1928. Riisager est un esprit aiguisé, un jovial musicien, capable de
croquer de sympathiques épisodes dans un idiome marqué par une sorte de
clarté française. Mais il faut reconnaître que Benzin ne tient pas la
route sur 43 minutes comme Daphnis et Chloé par exemple. C'est une
partition qui gagnerait à être organisée en une suite caractéristique
d'une vingtaine de minutes.
Après le
pressage d'une première série de CD qui inversait les deux oeuvres en
complément, Da Capo a mis sur le marché (rassurez-vous : à l'export on
ne devrait trouver que la "bonne version") les SACD présentant dans
l'ordre Archaeopteryx (1949) et Til Apollon, Lysets Gud (1972).
Archaeoptery
qui tire son nom du plus ancien volatile connu est une absolue
merveille de 17 minutes, une oeuvre assez étale, mais magnifiquement
évocatrice, dans des teintes sombres, échos de quelque préhistoire et
d'animaux fossiles. C'est étrange et fascinant, malgré le statisme la
monochromie.
Comme son titre l'indique, "À
Apollon, dieu de lumière" explore un tout autre registre spectral de
l'orchestre. Rythme, clarté, frottements harmoniques en éruptions de
lumière montrent que Riisager a suivi son temps, même s'il l'a fait de
loin. Assez massive, cette ouverture symphonique est un peu soûlante.
L'interprétation est parfaite...