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Dacapo Forsiden
Dacapo - Danmarks Nationale Musikantologi

Format:  SACD

Katalognummer:  6.220645

Stregkode:  747313164561

Udgivelsesmåned:  May 2016

Periode:  

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PER NØRGÅRD: Symfonier 2 & 6

31 October 2016  Diapason
Patrick Szersnovicz
5/5 Stars
Même s'il reste à peu près totalement ignoré de la vie musicale française, le Danois Per Nørgaard, plus grande personnalité musicale de son pays depuis Carl Nielsen, est l'un des rares vrais symphonistes de notre temps. Ses huit symphonies posent les piliers d'une production abondante et étonnamment variée. Servie par un orchestre et un chef remarquablement rompus à cette musique, la Symphonie no6 (1998- 1999), sous-titrée « A la fin dujour », est articulée en trois « passages » (dixit Nørgard) d'inégale ampleur : un vaste premier mouvement dont les couleurs variées permettent une dynamique et une certaine directionnalité du discours; un deuxième évoquant une lente et intime passacaille ; un finale ludique et effervescent, qui ouvre sans cesse de nouveaux horizons. 

Exégète dès la première heure du dernier Sibelius, dont il a décelé avant tout le monde l'extraordinaire modernité, Nørgard a effectué durant son itinéraire créateur d'incessants virages esthétiques, tout en restant fidèle à l'esprit de Sibelius et en éprouvant une véritable fascination pour les avant-gardes les plus radicales. Cela s'entend particulièrement dans la Symphonie no6, qui, sous des apparences fort décousues et abruptes, cultive une musique de trames, de textures, de combinaison d'harmonies-timbres assurant la vie organique des structures formelles.

La Symphonie no2 en un mouvement (1970, révisée en 1971) est plus unitaire et jusqu 'au-boutiste. Sibelius imaginait, dans sa Symphonie no7, une croissance organique à partir d'un matériau unifié, qui se substitue à tout principe dialectique ou dualiste : Nørgard suit cette voie du « métamorphisme », mais avec une méthode très personnelle. Des « séries infinies» lui permettent de développer des relations hiérarchiques, selon un principe qui s'apparente à la théorie des fractales. Le résultat est une colonne de sons ininterrompue, d'une durée de vingt-trois minutes, réalisant un continuum (temps et espace) à l'opposé de toute discontinuité. On songe à certaines œuvres de Xenakis, Stockhausen, Ligeti (Lontano), qui s'orientent vers une perception globale du matériau sonore. Comme au minimalisme nord-américain de l'époque. Mais Nørgard invente aussi une euphorie lumineuse des timbres et des rythmes, une « polyphonie invisible» qui lui sont parfaitement propres (et fascineront le chefd'orchestre Sergiu Celibidache, dédicataire de l'œuvre).



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