The Natural World of Pelle Gudmundsen-Holmgreen
01 July 2011
Diapason
Benoît Fauchet
Paul Hillier avait déjà montré son intérêt pour la
production chorale a capella de Pelle Gudmundsen-Holmgreen en insérant
Konstateringer (1969) dans le troisiérne volet des Baltic Voices gravées à la
tête du Chæur de chambre philharmonique d'Estonie (HM). L'Hommage au compositeur danois prend cette
fois la forme d'une copieuse monographie, avec des æuvres pour la plutard inédites
au disque. Konstateringer est de retour, manifeste d'une "nouvelle simplicité"
minimaliste qu'Eksempler confirmait en 1970: il y a pour l'interprète un défi à
faire vivre un matériau tonal d'une telle pauvreté apparente, que l'Ars Nova
Copenhagen, fort de son chant à la beauté froide et pure, réussit pleinement.
Le autres pieces, toutes des années 2000, montrent à quell point
Gudmundsen-Holmgreen a su interroger, dépasser et enrichir l'esthétique de ses
débuts. Igen (2006) déploie une écriture du ressassement Presque tintinnabulante
entre deux mouvements qui cultivent le gout du planant - de menus accidents çà
et là rendent très humaines des voix particulièrement sollicitées dans l'aigu.
Comme leur titre l'indique, les six Enkle Danske Sange (2002) sont des chansons danoises simples mais disablement
bien conçues et restituées sans tralala par Ars Nova.
Les Trois scenes
(2003) esquissent un monde exuberant, imprévisible, plein d'humour, qui s'ouvre
sur des rues animées (sonorities nasals), traverse un bois où chantent les
oiseaux (clin d'æil assume à Janequin) puis mêlent ces deux univers avec une
énergie bondissante plutôt grisante. Partant, la conclusion de ce programme
joliment construit s'impose : Quatre madrigaux du monde naturel (2001) offrent
une coda meditative et poétique avec, comme souvent chez Gudmundsen-Holmgreen,
un sourire en coin qui désamorce le risqué du pompeux. L'art choral scandinave
peut s'apuyer sur une nouvelle pierre discographique de taille.